Hostivař
Victime n°2: Hostivař
Bon, je zappe volontairement l'étape du voyage jusque Prague, pas nécessairement très passionnante, à un détail près: j'ai découvert la clé de la limitation à 20kg de bagages par personne. Dans mon extrême générosité très caractéristique, et dans le souci de faciliter quelque peu la vie des futurs 3A (pour les autres c'est un peu tard, mais ils n'avaient qu'à y penser avant!): recette magique, testée en aéroport ==> prendre autant de kilos de bagages que nécessaire, et les faire enregistrer par des passagers globe-trotter qui voyagent léger. Voilà comment j'ai pu tranquillement acheminer 35kg de bagages sans frais supplémentaires jusqu'à destination! (bon, par souci d'honnêteté intellectuelle comme on dit, je me dois d'avouer que cette solution n'est pas de moi mais du mari de ma tante, mais après tout c'est la famille, les droits d'auteur ça se partage non?!)
Enfin voilà, tout ça pour en arriver à Hostivar. Hostivar, une des cités universitaires de Prague, où les étudiants erasmus de l'université Charles sont envoyés dès leur arrivée en Bohème. Bon, généralement, tout ceux qui sont passés par là sont d'accord pour dire qu'il y a deux dimensions à considérer lorsque l'on parle de cette cité U: l'aspect technique et l'aspect disons plus sentimental.
Pour résumer: techniquement limite (selon les standards ouest européens), mais ambiance de ouf.
Version longue:
Tout d'abord l'aspect technique:
Hostivar est une cité U composée de multiples bâtiments (on m'a dit 10 mais personnellement je n'en ai visité que 4), qui ont tous la même tronche bleu-blanc-écaillé, et sont composés de 8 étages de 10 chambres chacun, avec ascenseur (enfin si l'on peut dire) et cuisine. Personnellement, j'ai été affectée à la chambre 0 du 2e étage du bâtiment 4, soit la chambre 240. Pour rejoindre le bâtiment 4 du hall d'entrée de la cité U, il faut emprunter pas mal d'escaliers et arpenter un large couloir à la moquette grise usée.
Une fois devant la porte du bâtiment, on grimpe quelque marches et on attend l'ascenseur (après avoir appuyé sur le bouton d'appel, cela va de soi). Une fois l'ascenseur arrivé, oh! Surprise! il n'a pas de porte... enfin pas de quoi nous faire prendre les escaliers eux-même pas très accueillants. Arrivé au 4e étage, on se retrouve face à plusieurs portes. L'une d'elle donne sur la cuisine: une cuisine pour 20 qui fait à la louche 4m². L'autre porte importante donne sur le couloir, le living-room hostivarien en somme: lieu de villégiature des fêtards de passage qui se regroupent chaque soir dans un ou plusieurs d'entre eux.
Dans le couloir, encore de la moquette usée, et surtout les frigos. En gros, c'est un frigo pour 3 chambres. Le couloir donne évidemment sur les portes des chambres. Dans les chambres: deux lits, deux armoires et demi, quatre étagères et une salle de bain avec douche et toilette. Bon c'est pas le grand luxe mais ça suffit pour vivre (si on s'entend avec son/sa roomate). Premier souci: internet.
Pour capter internet deux solutions: soit camper dans le hall glacial le temps d'une batterie (si on veut une prise il faut se battre, ou débrancher un distributeur, ce qui a peu de chances d'être apprécié par le Rusard local), ou alors l'avoir dans sa chambre. En fait, les deux solutions relèvent du parcours du combattant. Pour la première, il faut un code que l'on reçoit au moment de son inscription à l'université Charles. Il faut donc, soit y aller tout seul et ne rien comprendre à la procédure, soit attendre l'inscription-avec-guide local et du coup ne pas avoir accès au net en attendant... n'étant arrivée que deux jours avant les inscriptions, j'ai attendu patiemment d'être guidée jusqu'à l'obtention du sésame. Une fois le code obtenu, on se rend compte qu'en fait il en faut un autre. En gros, il faut entrer le code et l'identifiant ISIC, et ensuite, cliquer là où rien n'indique qu'il faut cliquer (et surtout pas là où c'est indiqué). Une fois sur la nouvelle page qui s'affiche, il faut changer de code, sauf que quand on change celui de l'onglet "code personnel", ça ne marche pas. En fait, c'est un autre code dans un autre onglet qu'il faut changer. Ah, et si vous n'arrivez pas à trouver ça tout seul vous pouvez bien sûr demande à la réception d'Hostivar, qui vous renverra à l'unique feuille explicative placardée sur leur vitre sale, et qui bien sûr n'indique absolument rien concernant le changement de code. Enfin, lorsque 300 erasmus veulent internet, ils l'ont: je ne sais pas qui en premier a trouvé la solution, mais chapeau à lui/elle! Sinon, on peut demander à avoir internet dans sa chambre. Pour cela, il faut (payer certes, 100CZK par mois, soit 4€, on a vu pire) mais surtout faire comprendre ce que l'on veut au réceptionniste à l'anglais plus qu'approximatif. Il faut également un câble ethernet et de la patience, car bien souvent l'opération ne marche pas du premier coup et il faut réussir à le faire comprendre au réceptionniste (dont l'anglais blabla) qui nous envoie un réparateur, qui mets parfois du temps à arriver, mais finit quand même par arriver. Enfin, après plusieurs jours et à force de patience on finit tout de même par avoir internet.
Pour se nourrir, on trouve Lidl, Albert, Interspar et Tesco à proximité, mais il faut tout acheter (ou apporter avec soi) car le matériel de cuisine n'est pas fourni. En fait la cuisine hostivarienne c'est deux plaques, un évier, des placards et la poubelle de l'étage. Poêles, casseroles, assiettes, couverts, voire même plaque qui fonctionne (à un étage, les plaques ne parvenaient même pas à faire bouillir l'eau...) sont à se procurer au plus vite, et à ses frais.
Sinon c'est à peu près tout pour les désagréments techniques. On a l'eau chaude, le chauffage, des laveries (payantes à l'heure, mais des malins ont fait des doubles des clés, et elles sont désormais gratuites à qui connait la bonne personne), des aspirateurs à 50 centimes d'euros de l'heure (sachant qu'il faut 5 minutes pour faire sa chambre). Le seul dernier souci, c'est la distance vis-à-vis du centre de Prague: 45 minutes minimum, si on attrape son tram tout de suite. Sinon, ça peut dépasser l'heure! Et pour ce qui est de rejoindre la faculté de sciences sociales de l'Université Charles, et plus particulièrement les bâtiments de Jinonice, c'est une heure si l'on attrape son tram à temps. Du coup, malgré l'aspect "sentimental" bon nombres de locataires préfèrent se trouver une coloc dans le centre.
En effet, il y a également de bons côtés à la vie à Hostivar. Premièrement, quasiment tout le monde débarque, pour la première fois dans la ville, ne parle pas tchèque et ne connait personne ou presque. Du coup, on débarque dans le hall, ou dans un couloir, on dit "hi!", tout le monde répond "hi!" et on entame la conversation aussi simplement. De plus, il arrive régulièrement (tous les soirs en fait) qu'un inconnu frappe à la porte de ta chambre pour t'informer d'une fête à un autre étage, et on apprend même régulièrement que notre couloir donne une fête sans que l'on n'ait été au courant!! Enfin, en gros, l'ambiance est telle que la vie a Hostivar est vraiment sympathique et que l'on ne s'y ennuie jamais. Mais comme je l'ai dit, la distance et l'ambiance beaucoup moins festive du tram à 7h du matin font que bon nombre d'hostivariens partent dans les premières semaines dans des colocs pas trop chères dans le centre.